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«La vraie victoire» de Lydie

 

Publié le 09/04/2015 à 03:55, Mis à jour le 09/04/2015 à 09:24

Sports - Agen (47) - Portrait

 

 lydie

Lydie Meunier, un esprit calme et souple, deux qualités développées par la pratique de l'aïkido

 

Aï pour «unité, union», Ki pour «énergies vitales» et Do pour «voie, recherche», l'aïkido n'est pas un art martial comme les autres. «C'est un art martial de la paix, non violent, avec la non-opposition comme principe, où il s'agit d'annuler la force de l'autre». Cette philosophie où corps et esprit sont liés a séduit, il y a quelques années, à Toulouse, une jeune étudiante en fac de psychologie : Lydie Meunier.

 

Pratiquante depuis maintenant 24 ans à l'Aïkido Club agenais, Lydie vient d'être élue sportive du mois de février par les lecteurs du Petit Bleu (*). Elle en est heureuse surtout car «cela permet de faire connaître le club, de montrer qu'il existe». Aucun triomphalisme donc en raison d'une humilité naturelle mais aussi parce qu'elle est totalement imprégnée par cette discipline japonaise sans compétition. Il n'y a pas cet esprit de la «gagne» présent dans les sports contemporains. Il faut dire que le dernier principe fondamental de l'Aïkido est «masakatsu agatsu katsu hayabi», c'est-à-dire «la vraie victoire est la victoire sur soi, ici et maintenant».

 

En plaçant Lydie sous les feux des projecteurs, l'Aïkido Club Agenais, dont elle est la secrétaire, met aussi en exergue que les femmes peuvent accéder au même rang que les hommes, et cela sans catégorie, en s'exerçant régulièrement — dans beaucoup de voie, l'assiduité est la clef pour progresser. 30 % des élèves du professeur Luc Médan sont des aïkidokates. «Nous avons moins de force, sourit Lydie mais davantage de souplesse que les hommes. On va trouver des techniques pour compenser».

 

Après avoir passé toutes les ceintures, elle a obtenu le shodan (ceinture noire 1er dan) puis, L'année dernière, toujours avec maître Kanetsuka, le grade de Nidan (ceinture noire 2e dan). Là encore, elle n'en tire aucune gloire. «Je ne suis pas en demande de grade, explique-t-elle. Cela me permet juste de voir où j'en suis. C'est le professeur (Luc Médan) qui estime si j'ai le niveau. Je n'ai pas d'objectifs de grade, juste des objectifs d'avancée sur le plan technique. Mais c'est tellement long que j'en ai pour plusieurs vies !»

 

Dans celle-ci, aussi bien sur le plan familial que professionnel (elle est psychologue au conseil général), elle a déjà la joie de tirer des bénéfices de sa pratique en appliquant certains principes comme, par exemple, «blesser un adversaire, c'est se blesser soi-même.» Elle compte aller plus loin. Maîtrisant la langue des signes française (niveau 9), elle souhaite développer l'aïkido auprès de personnes mal entendantes. Ce sera encore un autre genre de victoire...

(*) Elle était en compétition avec Ganigian Ganija (OSA foot) et Lionel Reus (SUA pelote).

Bertrand Chomeil

 

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